Randonnée du 3 avril 2005: la vallée de l'Orge.

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Départ de la balade : Au pied du château de l'Ormoy à Longpont.
Photo souvenir devant la basilique de Longpont.
Saisir une barre de fer portée au rouge sans se brûler mérite d'en faire un souvenir...
Le lavoir communal.
Calvaire du souvenir de la bataille de Montlhéry : Voir le récit plus bas.
En visée : la tour de Montlhéry sur sa butte témoin.
Ne vous sauvez pas, on va plutôt faire une petite pause...
Descente raide sur Linas, et chemin des maraîchers.
Ancienne borne de territoire.
Et revoilà la vallée de l'Orge...
Les anciens moulins, vestiges de l'industrie de l'Essonne.
Pêche perdue ?
La base nautique de Brétigny, un temps couverte de planches à voile.
Dernier moulin...

 

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La bataille de Montlhéry.

Ce fut en juillet, par une chaude journée d'été que les armées royales de LOUIS XI et les armées bourguignonnes conduites par CHARLES comte de Charolais, fils du Duc de Bourgogne, alliés aux Seigneurs de la "Ligue du Bien Public", s'affrontèrent pour cette mémorable bataille.

Le décousu et l'imprévu de la bataille de MONTLHÉRY indiquent déjà cependant une nouvelle manière de combattre. Le Comte de Charolais voulant joindre l'armée du Roy LOUIS XI avant qu'elle pût rentrer à Paris, venant d'Orléans, avait pris position à LONGJUMEAU, son avant garde au bourg de MONTLHÉRY. Le Roy prévenu de la présence du Comte sur la rive gauche de la Seine avait mandé en hâte à Charles de MELUN, son lieutenant général dans l'Ile-de-France, de faire partir de Paris deux cents lances sous le Maréchal RONAULT afin de prendre les Bourguignons à revers.

Le Comte de Charolais s'était retranché dans Longjumeau avec ses chariots et le matin du 16 juillet 1465 le Roy occupait le château de MONTLHÉRY à la tête de l'armée, et voulait en toute hâte gagner Paris. Ce que voyant le Comte de Saint-Pol commandant l'arrière garde des Bourguignons fit un mouvement en arrière, laissant entre lui et l'armée du Roy, un ruisseau et des bois, mais ne voulut pas aller plus loin. Charles de Bourgogne partit donc de Longjumeau et se joignit à l'avant garde. On connaît l'assiette du champ de bataille (voir le plan annexé).

Le village de Longjumeau est à cheval sur la petite rivière de l'Yvette, dans un vallon peu prononcé. Du côté du midi s'étend jusqu'au bourg de MONTLHÉRY, un plateau coupé par deux petits ruisseaux coulant dans des fonds marécageux, et l'un se jetant dans l'Orge, l'autre dans l'Yvette. La chaussée d'Orléans passe par Longjumeau et le bourg de MONTLHÉRY sur le plateau. Au nord de MONTLHÉRY à environ un kilomètre est une petite éminence.

Charles de Melun ne put réunir les deux cents lances demandées par le Roy, qui, du haut du donjon du château, ne voyant rien venir du côté de Paris, eût voulu éviter la bataille. Le Comte de Charolais se contentant de barrer le chemin de la capitale à son adversaire, ne paraissait pas soucieux de l'engager. Mais les chefs des deux avant-gardes en décidèrent autrement, et ne se trouvant séparés que par un ruisseau (voir en A et B) en vinrent aux mains (voir en A' et B').

Les Bourguignons étaient déjà massés, tandis que les Français arrivaient à la file pour soutenir leur premier corps. Pendant que les chefs bourguignons discutaient s'il fallait mieux combattre à pied ou à cheval, l'armée royale avait eu le temps de se mettre en bataille, et l'action s'engagea, non plus comme jadis, sur un front étroit, mais sur une longue ligne ; si longue, que pendant que l'aile droite commandée par le Comte de Charolais enfonçait l'aile gauche française, l'aile droite de l'armée royale battait à fond l'aile gauche des bourguignons. Les centres étaient restés sur leurs positions respectives. Le Comte de Charolais, qui commandait l'aile droite victorieuse des bourguignons poussa si loin, qu'il eut grand peine à rejoindre les siens et faillit être tué.

" Jamais, dit COMMYNES, plus grande fuite ne fust des deux côtés ; mais par espécial démourèrent les deux princes aux champs. Du costé du Roy fust un homme d'Estat qui s'enfuit jusqu'à Lusignon, sans repoistre ; et du costé du Comte; un autre homme de bien jusque en Quesnoy-le Comte. Ces deux n'avaient garde de se mordre l'un l'autre ".' Pendant ces deux fuites des ailes gauches des deux armées, les centres se canonnaient. L'artillerie, de part et d'autre avait suivi la route d'Orléans et pouvait se déployer plus facilement que les Français, resserrés entre des ravins et des bois, et arrivant à la file. Aussi son aile droite qu'il commandait en personne, ayant poussé ses archers devant elle, l'aile gauche des Français (voir en D) recule jusqu'aux premières maisons du bourg (voir en D'). Là dit COMMYNES, témoin oculaire : "Ceux (les archers à cheval) de la part du Roy les conduisoit PONCET de la RIVIÈRE, et estoient tous huissiers d'ordonnance orfovérisés et bien en point. Ceux du costés des Bourguignons estoient sans ordre et sans commandement, comme volontaires ".'

Ils étaient venus d'une haleine à travers champ de Longjumeau : " Si commencèrent les escarmouches... le nombre des Bourguignons estoient grand. Et gaignèrent une maison, et prindrent deux ou trois huis, et s'en servirent de parois. Si commencèrent à entrer en la rue et mirent le feu en une maison (voir en C) le vent leur servoit, qui poussoit le feu contre ceux du Roy, lesquels commencèrent à désemparer et à monter à cheval et à fuir; et sur ce bruit et cry, commença à marcher et à fuir (poursuivre) le Comte de Charolais laissant, comme j'ay dit, tout ordre paravent divisé... "

" Tous les archiers du dit Comte marchoient à pied devant lui avec mauvais ordre ; combien que mon advis est, que la souveraine chose du monde pour les batailles, sont les archiers, mais qu'ils soient à milliers, car en petit nombre ne valent rien, et que se soient gens mal montés, à ce qu'ils n'ayent point de regret de perdre leurs chevaux, ou du tout n'en ayant point.. ".

Quand l'attaque du Comte eut ainsi refoulé l'aile gauche française les hommes d'armes du Roy ralliés, se divisèrent en deux troupes et, débordant la ligne des archers, voulurent attaquer la cavalerie du Comte. Celui-ci, au lieu de l'attendre, passa tout à travers ses propres archers et prit ainsi la cavalerie française an flanc pendant qu'elle opérait son mouvement, la coupa et la mit dans le plus grand désordre, si bien qu'elle tourna le dos, et fut si vivement poussée, qu'elle ne put se ralier.

L'aile gauche bourguignonne était plus faible que l'aile droite des Français qui , de ce côté, arrivaient toujours. Elle fut enfoncée, séparée du centre et rejetée dans les bois et le long de l'Orge. Les Français, pour obtenir ce résultat, paraissaient avoir appuyé leur attaque sur le petit village de Chapelle-Villiers.

Cette étrange bataille, où les deux partis furent vainqueurs ou vaincus, présente cependant un grand intérêt. Ce ne sont plus des masses qui se heurtent de front. Le champ de bataille était bon, bien choisi, et permettait à chacune des armées d'obtenir un résultat décisif, car chacune des ailes victorieuses eût pu se rabattre sur le centre. Or l'aile droite des Bourguignons, ayant la première enfoncé l'aile gauche française, eût pu obtenir un succès éclatant en laissant ses archers maintenir l'ennemi défait, sur ce point et en se jetant de flanc sur le centre de l'artillerie. CHARLES aima mieux poursuive sa victoire partielle pendant que sa gauche était écrasée.

Mais si le succès de la bataille fut ainsi partagé, ses conséquences furent à l'avantage de LOUIS XI. Les Bourguignons étaient désormais hors d'état de lui barrer le chemin de Paris, et ils passèrent une nuit fort oiseuse dans Longjumeau : croyant être tournés par la droite française, il n'en était rien cependant, LOUIS XI ne voulait pas risquer une seconde bataille, et les Bourguignons purent s'en retourner par où ils étaient venus, tout en s'attribuant une victoire sans autre résultat que la perte de deux à trois mille hommes.

Il n'en est pas moins évident que la tactique se transformait. Les ailes des armées devenaient mobiles, et pouvaient agir. pendant que le centre renforcé par l'artillerie, gardait ses positions. Mais l'infanterie, qui jusqu'alors n'avait été employée qu'en tirailleurs, archers, arbalétriers, ou qui n'avait su opposer aux attaques de la cavalerie, en rase campagne, que des masses compactes, sans initiative, comme à la bataille de ROSBECQUE, en 1382, était en ligne, commençait à se former en bataillon aussi bons pour l'attaque que pour la défense.

En fait c'est à MONTLHÉRY que pour la première fois fut utilisée l'artillerie. Une note des archives du département du Nord rend compte de l'emploi des armes par le Comte de Charolais à cette bataille.

"Le 16 juillet : 5 caques de poudre pour les serpentines et les ribaudequins : 1 500 livres de plommets ou petits boulets de plomb. Les 17 et 18 juillet : un caque de poudre et 100 livres de plommets. Durant les trois jours : 223 fûts et fers de lances, 154 vouges. 360 piques férrées, 1 800 arcs à la main, 38 400 flèches, 700 douzaines de cordes d'arcs. Sept serpentines de bronze éclatèrent pendant la bataille."

Le bourg de MONTLHÉRY avait beaucoup souffert de l'affrontement, une partie des habitations fut brûlée et détruite. Les habitants se ressentirent longtemps de cette terrible lutte car le Roy LOUIS XI, ne fit rien pour les dédommager, ni les relever des pertes qu'ils avaient subies.

Cette plaine dite "du champ de bataille" resta inculte plusieurs siècles durant. Seul vestige du terrible événement, reste cette croix, probablement édifiée par le Chevalier Bayard (Pierre Terrail) en mémoire de son grand-père qui trouva la mort durant la bataille. On peut lire aujourd'hui sur la plaque rénovée : "Bataille de Montlhéry 16 juillet 1465 En hommage au Sénéchal de Brézé et au Chevalier du Terrail tués lors de cette bataille"

Je remercie le site de la ville de Montlhéry pour tous ces renseignements.