Mon village natal, Villenauxe la Grande, Aube.

(Souvenirs d'enfance.)

 

Retour sommaire.

La maxime de la famille : "Têtu comme un champenois!"

Les vacances à Villenauxe, dans les années 1960.

D'abord, le voyage. De Morsang sur Orge, nous descendions à pied jusqu'à la gare de Savigny. Le train de banlieue nous emmenait à Paris, Gare d'Austerlitz. Après, nous prenions le métro jusqu'à Gare de l'Est. Les trains avaient des compartiments séparés, avec chacun une porte donnant sur le quai. La locomotive à vapeur démarrait dans un bruit énorme et un nuage de vapeur sifflante. A Nogent sur Seine, la nuit était tombée depuis un bon moment, et l'autocar nous attendait pour nous conduire à Villenauxe en passant par tous les hameaux et petits villages possibles. A la sortie de Nogent, la route traversant une zone très marécageuse, nous comptions les ponts à la lumière des phares.

Nous descendions du car sur la place de Villenauxe, à côté de l'église. A cinquante mètres se dressait le café-tabac (que nous appelions le magasin) de Mémère, à côté d'un garage qui faisait aussi station service. L'arrivée à la maison de la grand-mère se faisait toujours très tard, avec trois enfants tombant de sommeil. Papa nous a rarement accompagnés. (Il profitait de notre absence pour refaire les peintures dans la maison de Morsang.) Je me rappelle l'entrée dans le magasin, la vue des clients attablés devant un canon de rouge. Nous allions à l'arrière, dans la cuisine et Mémère nous servait la soupe. Rapidement, nous étions au lit. Je couchais tête-bêche avec l'un de mes frères, dans le même petit lit, dans la chambre au-dessus de la cuisine. C'était très amusant de sentir les pieds de l'autre sous mes mains. Nous nous gênions bien un peu, mais nous nous endormions presque instantanément. Le matin, blotti sous le gros édredon, j'entendais les voix des adultes qui discutaient tout en préparant le café dont l'odeur nous parvenait. Tante Paulette revenait à ce moment de la première lessive lavée dans le rû, à la main, dans le lavoir privé. Elle y accédait en descendant un raidillon étroit, en retenant la brouette chargée de lessiveuses remplies à ras bord. Là-bas, Tante frottait son linge au savon de Marseille, tapait dessus avec le battoir en bois, le rinçait puis le tordait pour l'essorer. Bien sûr, avant tout cela, elle avait mis à bouillir les habits dans les lessiveuses, sur la cuisinière à bois qui se trouvait sous l'auvent, juste à l'arrière de la cuisine. Nous allions la voir souvent, et, pendant qu'elle frottait, tapait, tordait, nous lancions des cailloux dans la Noxe. Nous faisions aussi voguer le bateau à voile de la cousine Chantal, attaché au bout d'une longue ficelle que nous dévidions au fur et à mesure. De nombreux barrages de gros cailloux empêchaient le bateau d'aller bien loin, mais peu importait. Sur la rive opposée, nous trouvions des cornes de vaches avec lesquelles nous jouions.

En rentrant, de délicieuses odeurs venaient flatter notre odorat : Une tarte cuisait au four à bois, le gigot était déjà brun, tout le monde s'affairait dans la bonne humeur.

Le magasin en 1976.
Présentons la famille: Voici d'abord ma grand-mère, Augustine, en 1976.
Puis en 1950.
Jean-Paul Hervé Bazin, mon cousin, ..., Maryvonne H-B, Jean-Claude mon frère.
Guy, mes cousines Catherine Hervé-Bazin et Chantal, mes frères Daniel et Jean-Claude, en 1957.

Daniel, avant sa passion pour le vélo...

Dans le jardin de la cabane...

Pendant la nuit du réveillon de Noël, nous fréquentions souvent les cousines Marie-Thérèse, Anne-Marie et leur petit frère, Robert, avec lesquels nous nous retrouvions après le repas : Nous jouions à des jeux de société (petits chevaux, roulette, Nain Jaune, sept américain), jusqu'au moment de la messe de Minuit où nous allions tous ensemble. Nous admirions la crèche illuminée dans un coin de l'église. Le bœuf et l'âne avaient sur le cou une fente pour que les fidèles glissent une pièce. Le balancement de la tête remerciait le donateur, qui, pour faire plaisir aux enfants hypnotisés, en rajoutait une autre, de peur de trop tôt faire cesser l'émerveillement.

A Pâques (années 1960), la famille se retrouvait au grand complet : Jacqueline, ma tante, avec Jean-Paul, Maryvonne, Catherine et Dominique. Ma mère, Geneviève, avec Jean-Claude, Daniel et moi,Guy. L'autre tante, Paulette et Robert, avec Chantal. La tante Jeanne, l'éternelle célibataire, venait seule. Avec Augustine et Paul, cela faisait sept adultes et huit enfants, cousins et cousines.

A l'heure de la messe, tous les enfants se faisaient "beaux ". Les cousines mettaient des gants de dentelle blanche. Mémère distribuait les missels avec les images pieuses. Tous les cousins se pressaient dans le couloir, à l'entrée du magasin, jusqu'au moment du départ. Pendant ce temps, les femmes préparaient la cuisine pour toute la famille, sauf Paulette qui lavait au rû. Elle s'occupait tout de même des tartes.

Dans la grande église de Villenauxe, la messe était un moment solennel. Les garçons étaient séparés des filles, les gens importants se trouvaient devant, avec leur chaise marquée à leur nom. Le jour des rameaux, le prêtre distribuait de délicieux petits morceaux de brioche.

Autour de l'église s'était établie la fête foraine où nous allions l'après-midi, en famille complète. Les hommes jouaient à la loterie, les enfants se voyaient offrir des tours de manège.

Le moment du repas, dans la cuisine, tous serrés autour de la table ronde, était joyeux et animé : Tata Paulette apportait sa bonne humeur. Parfois, après, Robert son mari nous emmenait dans sa 403 Peugeot jusqu'aux bois de Montgenost, où il avait lui-même un terrain, en plus du verger de la gare.

L'hôtel-Dieu, mon lieu de naissance.
Tout au long de la rue du Perray coulait le rû, qui fut recouvert dans les années 1970.

La Noxe.

Le ruisseau a une très grande importance pour cette cité. De nombreux moulins anciens existent encore. La promenade, située à l'emplacement des anciens remparts de Villenauxe, bordée d'une double rangée de tilleuls, le long de la rivière empoissonnée de truites, est très plaisante.

Sur la route de Nesles, la chèvrerie, restaurant où il fait bon goûter...
Maisons anciennes...

Le souvenir de Mémère (Augustine) Dussollier est inséparable de celui de son village, Villenauxe la Grande. C'est aussi le mien, j'y suis né le 23 octobre 1949.

Pépère (Paul) Dussollier avait fait la première guerre mondiale, dans les tranchées du chemin des Dames, après Verdun. Il y avait perdu un œil, ce qui lui avait sauvé la vie et fait avoir des médailles. Avant la deuxième guerre mondiale, il avait été entrepreneur de matériaux, puis buraliste. Il extrayait les pierres de ses carrières dans les bois de Montgenost (Maman les a hérités), de Courtavant et Montpothier. Il les livrait dans une charrette tirée par un cheval. Le trajet était toujours plus rapide au retour, le cheval étant pressé de retrouver son écurie.

Au début de la seconde guerre, en 1939, pendant l'avancée allemande, les habitants de Villenauxe virent le flot des réfugiés traverser la ville, puis la maison que Mémère louait, rue du Perray, ainsi que celle qui lui appartenait, dans le Pays-Bas, furent bombardées avec d'autres. C'est un souvenir marquant de maman, qui nous raconta les stukas ( ou des avions italiens, le doute a toujours plané chez les Villenauxois) piquant sur le village en lâchant leurs bombes. Sa famille alla se réfugier chez madame Chaise. Quand les Allemands vinrent occuper le village, ils distribuèrent des bonbons aux enfants, filmés par les caméras dans un but de propagande : " L'armée allemande accueillie par les Français. " (Voir plus bas le récit de Geneviève.)

La paix revenue, Mémère Dussollier, sinistrée à cent pour cent, a fait construire une grande maison neuve, en dur, avec un magasin. Elle racheta un bon prix les bons de reconstruction de plusieurs voisins pour finir sa maison. Celle-ci était un cube à un étage surmontée d'un grenier. Derrière, on trouvait un jardinet au fond duquel se trouvait un autre bâtiment qui servait de bûcher, de buanderie et qui avait lui aussi un grenier au-dessus. La salle du café, avec ses grandes vitres, occupait tout l'avant de la maison. Quand j'étais tout petit, le rû coulait au milieu du trottoir, puis le fossé a été bouché. On ne voit plus rien maintenant, mais l'eau coule toujours en dessous. Sur l'arrière, la chambre de Mémère, la cuisine, les entrées pour la cave, les WC, et la montée d'escalier. A l'étage, quatre chambres. Deux avec cabinet de toilette (lavabo), celle de Jacqueline et celle de Paulette, une sans, celle de Jeanne, et une plus petite où nous dormions avec mes frères. Donnant aussi sur le palier, le petit réduit où le tabac était entreposé. Tout l'étage était parqueté en chêne, comme l'escalier qui continuait à grimper jusqu'au grenier, parqueté lui aussi, qui couvrait toute la surface de la maison. La cave, où l'odeur du vin est restée bien après le dernier consommateur payant, avait une deuxième entrée : La porte de fer donnait directement dans la ruelle où l'on livrait les barriques de vin. Adolescent, j'allais remplir la carafe en tournant le robinet en bois enfoncé dans le bas du tonneau. Ensuite, Augustine, qui avait du caractère, de la volonté, mais pas trop d'instruction, fit passer un concours à mon grand-père pour être buraliste. Il le réussit, ce qui changea leur vie. Il abandonna les carrières pour le comptoir du café-tabac. Je revois le long comptoir recouvert d'aluminium, les réfrigérateurs énormes, les petites tables rectangulaires et les chaises au dossier fait de bois courbe. " Un petit canon ? " était la question la plus familière. Le vin rouge était servi dans des verres à pied qu'on appelait des ballons. A l'entrée du magasin, des bocaux en verre remplis de bonbons multicolores jouxtaient des présentoirs de billets de la loterie Nationale. Un jour, mémère, à qui il restait un seul billet, l'acheta avec un client, l'accord étant de partager les gains en deux en cas de chance. Le numéro sortit, et elle gagna un million de francs de l'époque, ce qui était, même divisé par deux, énorme. A l'arrière du comptoir se trouvaient les rayonnages contenant les paquets de cigarettes, les paquets cubiques de tabac gris, les petits étuis de fin papier pour rouler les cigarettes. Quand je montais l'escalier de chêne pour aller dans une chambre à l'étage, l'odeur agréable de tabac frais emplissait tout l'espace, la réserve de tabac se trouvant en haut de l'escalier. J'aimais bien ma grand-mère, pourtant son caractère n'était pas facile. Pour mon brevet, elle m'offrit un louis en or, et pour mon bac, une grosse chevalière en or massif à mes initiales.

Plus tard, Mémère prit sa retraite, ferma boutique et vendit le mobilier du café. Je me rappelle Pépère, assis tout voûté sur sa chaise, regardant longuement la petite casserole de vin chauffer sur le feu. Une fois servi, il rajoutait deux sucres, puis il buvait lentement ce qui lui servait de seule nourriture, avec un morceau de camembert, vers la fin de sa vie. De tout temps, Mémère s'occupa de ses deux jardins, celui de la gare et celui de la cabane, qui étaient plantés d'arbres fruitiers (cerisiers, noyers, mirabellier, pruniers reine-claude), mais, en plus, étaient entièrement cultivés à la main. On y trouvait tous les légumes. Ayant des problèmes de mauvaise circulation dans les jambes, elle souffrit tôt de se déplacer, mais travailla jusqu'au bout dans ses potagers, se déplaçant difficilement avec une canne vers la fin. Elle passait la mauvaise saison chez sa fille Jacqueline, puis, les beaux jours revenus, rentrait chez elle. Elle se plaça ensuite à l'hospice de Villenauxe.

Le 13 juin 1940, Villenauxe fut bombardée par les Allemands.

La guerre. (Récit de Geneviève Dussollier.)

"Quand j'eus 15 ans, en septembre 1939, ce fut la déclaration de guerre. Les militaires furent cantonnés à Villenauxe depuis le début jusqu'au mois de mai. La famille Dussollier en garde un très bon souvenir, propice au commerce. Les gens disaient 'la drôle de guerre'.

Ensuite, l'armée fut installée au camp de Mailly, à côté de Troyes, pendant 8 mois. Le 12 juin, dans le département de la Marne, tout proche (3 km), l'ordre d'évacuer avait été donné. Aucun ordre n'était arrivé pour Villenauxe, mais tous ceux qui avaient une voiture étaient partis, entre autres les bouchers et les charcutiers. Claudine Harand, ma camarade d'enfance, était déjà en route pour Gien, sur la Loire, où les militaires avaient prévu de se replier. Dans la nuit, les Belges d'abord traversèrent le village, sur la route de l'exode, puis les militaires le matin, à pied, en vélo, avec des chariots. Beaucoup prenaient un café en passant devant chez Paul. La population attendait l'ordre d'évacuer.

A midi, Augustine, afin de préparer le départ de sa famille porta à la ferme de Marcel Oudard, son frère, des malles remplies de linge, de draps et de couvertures sur une brouette. Il était prévu de partir le soir même avec la voiture à cheval. Il faisait beau et chaud. Peu de monde restait dans les rues. Une femme avait emmené ses deux petites filles à l'abri à l'écart du village, dans une maison sur la route de Pont, pour évacuer avec ses beaux-parents. Le voisin, Charlot (50 ans), était sur le trottoir, devant la vitrine de l'électricien et des bouchers. Trois militaires étaient dans le magasin de Paul, partie basse d'une maison à deux étages surmontés d'un grenier, toute en bois (avec des colombages comme les maisons de Troyes). Le jardin n'était pas attenant, mais plus loin, le long d'une ruelle. Madame Bruzeau leur avait proposé de se réfugier dans sa cave voûtée, qui se trouvait elle aussi à l'écart de la maison.

A une heure trente, Charlot dit : "Voilà les Canadiens qui passent ! " A ce moment, le 13 juin 1940, Villenauxe la Grande fut bombardée par les avions allemands (ou italiens : un doute subsiste dans l'esprit des gens du Pays). Les bombes incendiaires tombèrent à cet instant. Charlot fut tué. Dans le magasin, les militaires demandèrent : " Avez-vous une cave ? " Malheureusement, elle était inondée. Les militaires tremblaient comme des feuilles et se réfugièrent sous les tables au fond du magasin. Le bombardement dura un quart d'heure. Des camions en attente de partir sur la place voisine prirent feu. Dans le magasin Paul, Jeanne, Paulette et moi étions restés devant la porte, contre toute prudence, dans le vacarme des bombes, la fumée âcre, les plâtres qui tombaient des plafonds et des murs, les débris de vitres qui volaient en éclats. La grand-mère, madame Létocart fut tuée dans sa cuisine. Madame Dussolier (avec un seul l), la femme du sabotier, eut un bras arraché. Dans la ferme de Marcel, Augustine s'était réfugiée dans l'écurie avec les chevaux qui sautaient de peur. La maison de ma grand-mère (Angèle Philomène Gaudion, épouse d'Alphonse Oudard, dite Mémère Lolo), rue Cornuelle (demeure actuelle de M. le Curé), fut atteinte par une bombe. Mauricette fut blessée. La malchance voulut que la jeune femme qui avait mis ses fillettes à l'abri soit revenue et elle fut tuée au moment où elle passait à proximité de la maison de la grand-grand-mère. Sitôt le bombardement passé, Augustine courut au magasin et fut très heureuse de revoir ses enfants et son mari vivants. Pour se mettre à l'abri, toute la famille, madame Dussolier et deux soldats essayèrent de pénétrer dans la cave voûtée de madame Bruzeau, mais la clé était tombée dans les débris épars. Par hasard, je butai dans un seau plein d'eau que je renversai : la clé était juste dessous. Tout le monde resta dans la cave pendant une heure.

Les Allemands sont arrivés à ce moment-là, venant du côté de Montmirail. A l'entrée du village, ils violèrent une jeune fille avec sa mère, tout en tenant en respect avec un revolver le facteur qui se trouvait avec elles. Il se mit à pleuvoir des trombes d'eau. On entendait les coups de canon des Français qui résistaient, puis plus aucun bruit… M'étant avancée jusqu'au porche, je ne vis rien. " Ca y est, on peut sortir ! " On s'aperçut alors qu'Augustine avait laissé son coffre sur le trottoir, avec les papiers importants et tout son argent. Elle le récupéra aussitôt. Tout le monde sortit. Soudain, un Allemand avec la mitraillette sur la poitrine apparut. Augustine dit : " Levez les bras ! " Monsieur Pinson ajouta : " Donnez-lui un paquet de tabac. " L'Allemand dit : " Vous guerre finie ! " Dans la rue du Perrey, les maisons en bois du bout de la rue commençaient à flamber. La rue était encombrée de montagnes de gravats. Il était impossible de passer. Paulette récupéra la machine à coudre et les matelas, des cadres…

Deux jours après, de maison en maison, l'incendie s'était étendu et tout brûlait. Dans le Pays-Bas, la maison dont nous étions propriétaires avait reçu une bombe dans la cuisine, et était complètement détruite. La famille passa deux jours dans la cave de la grand-mère, à la ferme, puis elle s'installa pendant un mois et demi chez madame Blake, qui, évacuée, avait laissé sa maison vide. Ensuite, Paul loua la maison de madame Chaise de 1940 à 1950, où il continua à vendre du tabac et faire la régie. Pendant plus de vingt ans, je fis des cauchemars où je me voyais courir partout pour échapper aux bombes. "

Geneviève et Jean-Claude.
Mon grand-Père Paul a possédé ce genre de carrière avant de réussir l'examen de buraliste.
 
 
Dans la direction de Nesles, la rivière traverse des jardins maraîchers puis coule à côté de l'église de Dival, ancienne halte sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle.

Les fermes.

A Villenauxe, durant mon enfance, le ruisseau (la Noxe), les fermes et les carrières ont tenu une grande place. Dans les années 60, nous jouions dans le foin des granges, dans la porcherie, les écuries et les étables, avec les petits cousins et les cousines.

Mon arrière-grand-mère, mémère Lolo (Angèle Philomène Gaudion), a eu douze enfants dont ma grand-mère Augustine (appelée bien plus tard Mémère) fut l'aînée. Quand je l'ai connue, elle était déjà bien vieille, impotente, toujours couchée. Nous lui faisions la bise, puis maman discutait avec une de ses filles, ma grand-tante Léontine qui a hérité de la maison attenante à la ferme familiale des Oudard. Du fait de ses nombreux enfants, qui sont mes grands-oncles et grands-tantes, j'ai une famille presque innombrable (vue avec mes yeux d'enfant) dans la région. Maman avait compté pendant mon adolescence qu'elle avait cinquante-deux cousins.

Toute cette famille, d'origine paysanne, possédait surtout des fermes où nous jouions quand nous leur rendions visite. La tante Alice, femme de Marcel Oudard, tenait la plus grande ferme de Villenauxe, avec une vingtaine de vaches laitières. Chaque soir, une partie du village défilait, le pot à lait en aluminium à la main, pour venir chercher le litre ou les deux litres de bon lait frais tout juste trait. Le lendemain, une crème épaisse le recouvrait. Nous connaissions une autre famille, les Dupont, (Marcel Dupont était un des frères de Mémère) qui habitaient à la Rue, un hameau de Plessis-Barbuise, à quelques kilomètres de Villenauxe. Une année, à Pâques, nous les rejoignîmes à pied. Nous allâmes glisser, mes frères et moi, sur la rivière gelée avec les filles de cette famille, Mireille et Maryse, près d'un moulin désaffecté. Nous rentrâmes à la nuit tombée, dans le froid et la neige, en longeant la voie de chemin de fer.

Dans les années 1990, on trouvait un élevage de sangliers, ruiné par la tempête de 1999.
 
 
La source de la Noxe.
Ci-dessus, la tour de Nesles, ci-dessous, l'ancienne commanderie de templiers.
 
 
Les fouilles gallo-romaines du Plessis-Barbuize.
 

 

 

Retour sommaire.